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Les temples d’Angkor: les mots nous manquent
Siem Reap, Cambodia |
Siem Reap, Cambodia
Nous n’avons pas de mot pour décrire les temples d’Angkor. Il faudrait en inventer un qui puisse dépeindre toute l’ampleur de cette œuvre colossale. Tout le talent des artistes, des esclaves et des citoyens qui ont travaillé et sont même morts au travail pour la prospérité de cet ancien empire khmer. À son apogée, il comptait un million d’habitants, alors qu’au même moment, à des milliers de kilomètres, la ville de Londres en dénombrait moins de cent mille. Par où commencer la visite?
Lisette a un plan. Et oui! nous avons retrouvé notre amie pour la dernière fois du voyage à Siem Reap, quelques jours avant son retour à la maison. Lisette est passionnée de vieilles pierres et d’histoire et a déjà visité le site plusieurs fois dans deux voyages différents. Pour une première journée, elle nous suggère un lever de soleil, un petit coup d’œil sur la dernière capitale de l’empire et visites dans les temples avalés pas la végétation de la jungle. Nous embauchons un chauffeur de tuk-tuk sympathique qui nous fait un bon prix. Allez hop, c’est parti!
5:00 du matin, nos voix enrouées nous empêchent de crier notre excitation. Nous passons devant ce qui serait le plus grand complexe religieux au monde: Angkor Wat. Mais nous ne le voyons pas. Le ciel est noir encre. Ce n’est pas grave, la surprise ne sera que meilleure. L’entrée sur le site est magique. Nous marchons sur un petit pont qui enjambe l’un des nombreux réservoirs d’eau de la ‘ville’. Le temps est chaud et humide. Nous traversons un portail en pierres et passons entre deux anciennes constructions, appelées « bibliothèques ». Le soleil commence à se lever. Devant nous, l’imposant Angkor Wat, et ses tours parfaitement symétriques en forme de lotus. Nous sommes émus par tant de beauté. En attendant le moment parfait pour prendre des photos, nous petit-déjeunons dans l’une des petites gargottes à chaises en plastiques et vue imprenable sur le temple des temples.
Le soleil encore rouge, le ciel rosé, le ventre plein et l’appareil photo en feu, nous quittons l’enceinte d’Angkor Wat (nous reviendrons), pour une ballade à couper le souffle. Devant le portique menant à Angkor Thom, des statues de démons à notre droite et d’anges à notre gauche se livrent une bataille. Comme au tir à la corde, ils tirent de toute leur force sur le serpent à multiples têtes, Naga. Des petits et des gros singes en chair et en os, se promènent peu impressionnés dans les herbes et les branches environnantes. Nous passons devant le temple aux centaines de visages, le Bayon, et poursuivons notre route jusqu’à Preah Khan.
Lisette nous fait entrer par la porte Ouest, moins touristique et plus imposante. Le temps semble s’être arrêté. Les ponts, corridors et murs de pierre sont parsemés de lichen vert. Les grosses racines des arbres épousent fenêtres, bâtisses et sculptures. Des feuillages nous donnent un peu d’ombrage. Xavier escalade des pierres sur le sol, orpheline de leur mur qui n’existe plus. Émilie prend des photos de tous les angles en jouant avec les ombres et la lumière. Sylvain pousse des wow! à chaque pas. Lisette rit. Marie-Claude essaie de répondre aux mille et une questions de Xavier.
Nous passons les prochaines heures à nous étonner devant le temple dans l’eau de Preah Neak Paon, à rire avec les petits vendeurs-enfants-polyglotes de Ta Som, s’émerveiller devant d’autres petits temples que nous n’aurons jamais le temps de visiter et marcher dans notre site préféré: Ta Prohm. Le temple d’un des personnages d’Angeline Jolie, Lara Croft. La beauté de Ta Prohm, c’est la fusion entre les vieilles pierres et la végétation. Le côté dramatique de la Nature qui reprend contrôle sur l’œuvre humaine. Des arches autrefois solides, qui pendent dans le vide. Des sculptures d’apsaras, de garudas, de nagas et de lingas finement sculptées. Ah! Si les vieux arbres pouvaient parler….
Notre seconde journée de visite est réservée aux terrasses d’Angkor Thom, celles des éléphants et celle du roi lépreux. Il faut observer les dessins dans la pierre de deux façons: à 10 centimètre et à un mètre de distance. Les détails sont époustouflants: un éléphant avec sa cloche au cou, un mahout avec sa petite corde à la ceinture, les dents d’un crocodile qui croque un poisson. Tous sculptés à la main, avec des outils de base. Mais où prenaient-ils les pierres? Mystère….
De retour à Angkor Wat, nous nous sommes attardés une heure et demi aux bas-reliefs. Il s’agit des fresques sculptées sur un mur extérieur qui englobe le temple sur 800 mètres. Les fresques décrivent des histoires religieuses ou de guerres. Angkor Wat est construit sur trois niveaux, dont le plus élevé offre une vue sur les rizières qui ont fait la richesse de l’empire khmer.
Puis nous disons aurevoir à notre guide préférée Lisette qui quitte le Cambodge.
À bientôt ma chère! Bon retour chez-toi!
Troisième journée de visite, nous nous pointons très tôt pour un second lever de soleil, cette fois au Bayon. Ce temple, très spécial, contient une centaine de tours avec un visage à chacun de ces quatre côtés. Ces visages seraient un mélange entre les traits faciaux de Bouddha et ceux du plus grand roi de l’empire, Javayarman VII. Ici aussi les fresques valent à elles seules au moins une heure de visite. Particularité, ce sont des scènes de la vie de tous les jours qui sont dépeintes. Des scènes que l’ont voit encore lorsque nous nous promenons dans les villages du pays! À vingt kilomètre de là, Bantey Srei, un temple plus petit, est surnommé le temple rose ou le temple à dentelle. Des statues de singe veillent sur les petits temples à portes closes. Aucun espace sur ces constructions n’est épargné. La pierre est taillée, dessinée, aux millimètres prêts. Malheureusement pour nous, l’espace restreint et le nombre de visiteurs ne nous ont pas permis de bien voir tous les détails. Mais si quelqu’un nous disait que ce sont des dieux ou des extra-terrestres qui ont fait le travail il y a huit cents ans, nous pourrions le croire tellement l’œuvre est parfaite.
Nous avons terminé notre visite à Bantey Samré, où surprise, nous étions pratiquement seuls à monter les nombreux escaliers, à nous promener entre les murets et sur les pierres noires. Un vieil homme faisait des prières devant un bouddha et allumait des bâtonnets d’encens. Nous en avons allumé aussi, en faisant le souhait d’avoir la chance de revenir un jour sur ce qui a été avec le Machu Picchu, l’Île de Pâques et la muraille de Chine, la meilleure visite de tout notre voyage.
Coup de cœur: merci aux parents de Marie-Claude, Francine et André, de nous avoir offert l’entrée aux sites en guise de cadeaux de Pâques, meilleur que du chocolat pour nourrir yeux et esprit!
Prochaines aventures : à Siem Reap
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