Siem Reap: plaisirs, bombes et papillons

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Siem Reap: plaisirs, bombes et papillons
Siem Reap, Cambodia

Siem Reap, Cambodia


Il est facile de se la couler douce à Siem Reap. Dans la catégorie meilleur hôtel qualité-prix, plusieurs établissements de la ville remportent la palme. Nous nous sommes offerts du luxe: une grande chambre triple avec grand balcon et piscine extérieure, pour 28$ la nuit. Au centre-ville, question de récupérer des visites des temples d’Angkor, on peut se faire masser une heure par des professionnels aveugles pour 8$ et s’offrir une pédicure à 6$. Xavier voulait absolument essayer le Dr Fish Spa à 1$: il faut tremper ses pieds dans un aquarium géant où nagent des poissons Rufa. Ces poissons, toujours affamés, se nourrissent de peaux mortes et rendent les pieds doux…Xavier a mis un bon dix minutes avant de réussir à entrer ses deux pieds. Ça chatouille! Les pieds tigrés de Marie-Claude (vive le bronzage avec sandales!) n’ont pas résisté plus de 15 minutes…le sentiment d’avoir constamment des bouches de poisson embrasser ses orteilles ne l’a pas du tout détendue. Xavier a finalement adoré et a convaincu sa sœur de retourner avec lui chez Dr Fish le lendemain.

Toutes ces gâteries de Siem Reap sont concentrées dans les quartiers centraux et ne reflètent pas du tout les conditions de vie de la majorité des résidents. Il s’agit de tourner un coin de rue pour retourner dans le vrai Cambodge, celui des khmers très pauvres. L’un des cinq mille chauffeurs de tuk tuk de la ville nous a raconté qu’il vivait en campagne, à 60 minutes des temples, et qu’il travaillait ici 16 heures par jour pour gagner quelques dollars. Le salaire moyen d’un khmer éduqué varie de 40 à 100 dollars par mois. Partout, les gens quêtent. Parmi eux, beaucoup d’amputés, de jeunes et de moins jeunes qui ont perdu un ou des membres à cause des mines anti-personnel les. Des milliers d’engins explosifs sont toujours cachés dans le sol du pays. Un véritable fléau.

Aki Ra s’est donné comme mission de déminer le Cambodge. Les khmers rouges auraient tués ses parents et l’auraient entrainé à devenir enfant-soldat dès l’âge de 5 ans. Des mines, il en a posé. Les mines étaient ses amies: elles le protégeaient lorsqu’il dormait dehors la nuit et lui permettait de chasser pour se nourrir. Adolescent, il s’est rebellé est à quitter les khmers rouges pour l’armée Vietnamienne. Puis, il a reçu une formation de démineur. Et depuis une quinzaine d’années, il tente de ‘désinfecter’ le sol de son pays. Tout le temps. Partout. Par sentiment de culpabilité. En dette de ce qu’il a semé. Ce qu’il désactive, il l’expose à son petit musée. Du minuscule engin explosif à la grosse bombe. Le site offre aussi un toit et de l’aide aux enfants victime des mines. Aki Ra a été élu héro international 2010 par le réseau américain d’informations CNN.

À quelques kilomètres du musée des mines, un autre organisme offre aussi un peu d’espoir aux victimes des khmers rouges. Le Centre des papillons produit une trentaine d’espèces. Il vend des chrysalides aux agriculteurs et leurs montre à les utiliser. Un employé nous a fait faire le tour du propriétaire. Sublime. Des dizaines papillons virevoltent dans la voilière, butinent sur les fleurs et se posent parfois sur nos doigts. Nous avons vu une chenille fabriquer son cocon. Nous avons assisté à la naissance de papillons. Et Xavier les a aidé à s’envoler pour la première fois.

Siem Reap, ville de contrastes? Siem Reap, ville artificielle? Non. Siem Reap, ville des rêves.


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