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Can Tho: les marchés flottants
Can Tho, Vietnam |
Can Tho, Vietnam
À l’heure où le soleil se lève et où le coq pousse ses premiers cris, nous n’avons pas le temps de petit-déjeuner. Vite! Nous embarquons à bord d’un petit bateau de bois au port de Can Tho. Nous naviguons en direction du plus important marché flottant du Delta du Mékong.
Dans le sud du Vietnam, le Mékong se divise en plusieurs bras et prend le nom de fleuve des neuf dragons. Le sol qui borde les bras du fleuve est fertile et ses eaux riches en poissons et crustacés. Pêcheurs et agriculteurs se rencontrent tous les jours aux petites heures du matin, sur l’eau, dans leurs bateaux, pour vendre leurs produits.
Un superbe spectacle nous y attend: des dizaines d’embarcations chargées de fruits, de légumes, de viande ou de poisson. Chaque bateau à sa spécialité: durian aàforte odeur, jaquier collant, orange verte sucrée, ananas murs à souhait, carottes jaunes ou orangées, des guavas à chair rosée, mangues juteuses et autres produits inconnus qui nous donnent l’eau à la bouche. Des dames font cuire de la soupe sur un feu dans leur barque, en tenant la barre. Des enfants, tout droit sortis du lit, se frottent les yeux et nous saluent. Un capitaine de bateau de touristes lunatique nous fonce dessus et accroche le dos de Sylvain au passage. Aurait-il brulé son feu son rouge? Nous quittons le marché, le ventre vide, les yeux affamés.
Nous faisons un petit arrêt à une usine de fabrication de nouilles de riz, dans l’espoir d’y manger une soupe. Notre capitaine de bateau nous montre comment de simples grains de riz sont transformés en farine, puis en pâte que les Vietnamiens font sécher en galette sous le soleil dans le jardin. Les galettes sont ensuite passées à la machine, qui les découpe en longues pates. Les employées féminines travaillent fort, les hommes fument des cigarettes et nous regardent, curieux.
Et nous repartons le ventre vide, il n’y a pas de soupe à cette heure.
Nous continuons notre route jusqu’à un second marché flottant, plus petit, ou nous avons l’impression d’avoir fait un sceau dans le temps. Les marchants sont coiffés de leur chapeau de bambou et nous saluent à pleine dent. Notre capitaine achète quelques fruits, nous achetons des galettes de riz. Nous partageons notre butin. Nous dépassons un couple de voyageur en train de déguster du jaquier. Nous échangeons, à bout de bras au-dessus du Mékong, des victuailles et des salutations. La vie est belle sur le delta!
Le ciel s’assombrit. Nous accostons au quai d’une auberge, où nous prenons le petit-déjeuner assis sous un parasol avec vue sur le fleuve. L’averse commence. À l’abri, nous dégustons cafés vietnamiens et frappés aux fruits. Le ventre plein, l’averse terminée, nous poursuivons notre navigation à travers les canaux fluviaux. Nous jouons aux espions. Des agriculteurs cultivent des ananas rouges, des caramboles et des pommes d’eau. D’autres repiquent du riz dans leur rizière. Des commerçants emplissent leurs barques de produits et d’autres font la sieste dans leur hamac. À certains endroits, les canaux disparaissent sous les poubelles. Ailleurs, ils sont embellis par des fleurs. Le delta de Mékong, c’est la de ses riverains, leur richesse et notre plaisir durant cette visite de huit heure.
En quittant notre bateau, nous avons un petit pincement au cœur. Le Mékong nous accompagne depuis deux mois. C’est notre dernier moment avec lui pour ce voyage. Aurevoir le fleuve, porte-toi bien, ventre vide ou ventre plein, nous nous reverrons.
prochain récit: Dalat, beauté et horreurs
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