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Escapade dans le Wadi Rum
Wadi Rum, Jordan |
Wadi Rum, Jordan
Nous prenons un thé de sauge sous une toile en poils de chèvres devant des bédouins qui se font la bise et se saluent. Nous sommes en expédition dans le désert du Wadi Rum. Émilie n’aime pas son nouvel habit. Un homme s’est amusé à lui faire revêtir le costume des femmes bédouines, grand manteau noir et voile sur les cheveux et le visage. Nous ne voyons que ses beaux yeux. Émilie a l’impression de ne plus avoir d’émotions, cachée sous ces tissus. De ne plus exister. Son frère la regarde comme on regarde un étranger, coiffé de son chapeau bédouin, lui aussi ‘déguisé’. Une photo, et les habits sont enlevés à la vitesse de l’éclair. Les enfants ne se sentaient pas à l’aise. Choc des cultures. Un homme assis sous la toile explique à Sylvain qu’il a quatorze enfants et deux femmes. Xavier se retourne devant Marie-Claude et cri : ‘DEUX femmes!! Oh my god! Moi je n’en veux qu’une….’
Le désert, c’est la maison de trois mille bédoins jordaniens. Plus d’une centaine de kilomètres de sable rouge, de rochers, de dunes, de figuiers et de melons sauvages, de chameaux et de troupeaux de chèvres. Nous avons pris un tour-nuitée avec guide et 4×4 pour en visiter une partie. Trois voyageurs de canadiens nous accompagnent. Deux filles de Calgary et un homme de Vancouver. Avec nous d’Edmonton, l’ouest canadien envahi le Wadi Rum! Nous roulons dans un magnifique paysage à perte de vue. La lumière est si intense que nos yeux plissent malgré la protection de nos lunettes fumées. Bien vite, nous nous appercevons que le guide n’est qu’un conducteur de voiture…qui ne parle pas vraiment anglais. Il nous amène devant un tas de pierre qui aurait servi de maison à TE Laurence, Laurence d’Arabie. Nous observons avec envie un jeune ado faisant du sandboard sur une dune sans pouvoir l’essayer car notre chauffeur n’a pas de sandboard avec lui. Nous nous tournons vers notre Lonely Planet pour glaner quelques informations sur des pétroglyphes observés en chemin et attribués aux Nabatéens. Nous aimons beaucoup les dessins de chameaux, chevaux et cavaliers qui rappellent ce qui devait être une partie de chasse. Nou aurions aimé en savoir davantage….
Nous pique-niquons au milieu de nul part, heureux d’être ‘perdus’. Puis, plus rien. Plus rien durant quatre heures. Le conducteur cède sa place à un cuisinier qui nous sert le thé. Il nous montre nos cabanes pour la nuit. Nous installe sous une autre toile en poils de chèvres…et nous attendons que le soleil se couche pour aller admirer le spectacle. C’est la première fois de notre voyage que nous trouvons le temps long. Il faut dire que toute activité physique est pénible à 44 degrés. Nous préparons notre voyage en Égypte, discutons entre Canadiens, partageons des baklavas amenés de Wadi Musa….Le soleil se couche enfin et le cuisinier, un peu clown, nous traîne un peu partout pour faire le drôle et nous laisse assis bêtement sur un rocher. Nous, clients de ce tour, rions un peu de cette excursion à la v’la comme je te pousse. Ou que je te tousse.
L’intérêt revient au souper, ou notre cuisinier sort d’un four souterrain des plats cuisinés à la façon bédouine. Du poulet, des légumes, du riz sauvage, des mezze. S’il n’a pas les talents d’un guide, il a les talents d’un cuisinier bédouin! C’est savoureux. En mangeant, il nous raconte que les hommes ont le droit de choisir leur femme en dehors du groupe, mais que les femmes doivent abdolument marier un bédouin du Wadi Rum, pour conserver les gènes. Il ajoute qu’il doit posséder 15 chameaux s’il veut se marier. À 27 ans, il n’en a que trois. Nous espérons qu’il ne soit pas pressé. Nous fait-il des blagues? Il a l’air sérieux. Puis ses amis arrivent et la danse et la musique commencent. Xavier apprend à jouer du tam tam au rythme de chansons du Moyen-Orient. Et nous buvons encore du thé. Nous sortons de la tente pour admirer le ciel étoilé. Un vrai chef-d’œuvre. Nous pouvons rire, chanter, crier à tue-tête, personne à des centaines de mètres à la ronde.
Allez hop! Dodo dans la cabane construite pour les touristes. Les bédouins eux, couchent à la belle étoile sur les tapis et des coussins. Cela à l’air plus confortable que nos lits en bois!
Lendemain matin, avec le sempiternel thé, on nous sert un petit-déjeuner typique : pain pita farcis au thym avec œufs. Les odeurs du thé vont nous accompagner jusqu’à notre retour au village, à la sortie du Wadi Rum. Le sable aussi. Nous en avons mis partout! Nos petits doigts nous disent que nous en trouverons un peu chaque jour jusqu’au retour à la maison! Nous ramenons un bout de désert dans nos sacs à dos!
La suite : traversée en Égypte
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