Amman : le monde arabe

 

Amman : le monde arabe
Amman, Jordan

Amman, Jordan


Nous roulons en taxi à l’aube vers notre premier hôtel jordanien. En chemin, nous croisons le désert, de vieilles maisons en pierres jaunes, des femmes voilées et des hommes qui rigolent entres-eux en arabe, au son de la voix du muezzin qui appelle à la prière. De tout le voyage, c’est ici que nous nous sentons le plus dépaysé.

Nous logeons dans la vieille ville d’Amman, au creux d’une colline. Un quartier d’ouvrier. Le quartier des vieux souks, d’où émanent en permanence des odeurs de fallafels, de houmous, de pains plats, d’agneaux, de café Turks au cardamone et de divins baklavas. Des milliers de baklavas.

C’est aussi le quartier des ruines sans âge, tellement elles sont vieilles. En haut de nos têtes, l’ancienne citadelle offre une vue aérienne magnifique. Sa muraille a protégé la ville durant un millénaire. À l’époque, Amman portait le nom de Philadelphia, ou Rhabbat Ammon dans la bible. Il ne reste plus que les fiers vestiges d’un temple d’Hercule, une église bisantine, le palais Umayyad ancienne résidence du gouverneur, une rue bordée de colonnes de pierres et un beau petit musée qui rassemble pièces et explications des fouilles.

Plus bas trône l’amphithéâtre romain, probablement construit sous le règne d’Antoninus Pius au deuxième siècle. Six mille personnes peuvent y prendre place. La structure a été partiellement reconstruite avec des matériaux non originaux. Le résultat n’est pas tout à fait historiquement adéquat, mais il est beau à l’œil.

Les filles se sont longtemps demandé quels vêtements elles allaient porter en Jordanie. Bien qu’il soit un pays arabe libéral et que la population ne soit pas que musulmane, les camisoles en bretelles spaghetti ne sont pas à la mode ici! Dans le vieux quartier, nous avons remarqué qu’environ huit femmes sur dix sont voilées. De ces femmes, six portent aussi un grand manteau et une demie (!) ne dévoile que les yeux, l’autre demie est couverte de la tête aux pieds.

Dans la nouvelles ville, plus riche, c’est une toute autre histoire. Peu de femmes portent le voile, certaines portent même des jupes au genou et des camisoles à large rebord. Un peu à l’image de la belle reine musulmane Rania de Jordanie, qui ne porte pas de voile et pose parfois pour la caméra en jupe.

Marie-Claude et Émilie ont décidé qu’elles porteraient leurs jeans avec des chandails à manches courtes ou trois-quarts, qui descend sur les hanches et un petit manteau pour les lieux sacrés. Pour les garçons, pas de soucis. Même si des hommes portent la robe et le couvre-chef traditionnel bédouin (le chapeau pot de confitures, comme l’appelle Xavier), la majorité de la gente masculine se vêtit comme la plupart des hommes dans le monde. Jeans, chemise, chandail.

Autre adaptation pour les filles : l’attitude des hommes. Rare sont ceux qui supportent un regard dans les yeux. Les perceptions à ce sujet sont nombreuses mais c’est tout de même un choc pour elles. Et si Marie-Claude paie une facture, le change est remis à Sylvain. Les questions sont également très souvent posées à Sylvain. Dont une très populaire : qui est Émilie et pourquoi voyage-t-elle avec nous? De toutes les réponses paternelles, voici celle qui fonctionne la mieux : ‘’Émilie est notre fille, j’ai des plans de carrière pour elle, genre université et cadre d’entreprise et surtout pas de mariage avant quarante ans!’

Bon Émilie y trouvera certainement de quoi à redire au retour à la maison mais pour l’instant, nous vous jurons qu’elle est d’accord avec son père!

À suivre : expéditions en voiture!
Aman

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