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Aswan et les Nubiens
Aswan, Egypt |
Aswan, Egypt
‘Pas cher, pas cher madame!’
‘Gratuit jusqu’à la caisse monsieur!’
‘Bon prix les gazelles!’
‘Casanova viagra (en regardant Sylvain) : tu as TROIS femmes!’
‘Where you from?-Canada?oh! Canada Dry!’
Toutes les techniques sont bonnes dans le beau souk d’Aswan pour attirer notre attention et nous inviter à entrer dans les commerces. Ils sont épatants ces Égyptiens : ils peuvent négocier dans plusieurs langues et leur marchandise est très souvent placée de façon attirante. Malgré tout, toujours victimes de la révolution, les commerces sont vides, vides, vides. Et impossible pour nous, à 5, de se balader simplement et de passer inaperçus. Tous les marchands nous interpellent et plusieurs nous collent aux baskets sur plusieurs dizaines de mètres et traversent même les rues avec nous! C’est amusant pour un quart d’heure. Peut-être deux. Mais ensuite, nous devenons un peu impatients face à leur ténacité…
Impossible alors de courir. Encore moins de s’enfuir. Christine la cousine a eu la malchance de se tordre la cheville au tout premier jour de son voyage. Dans un aéroport entre Montréal et Le Caire. Entorse? Foulure? Une radiographie pourrait nous éclairer. Mais le résultat serait le même : son pied est endolori, la ralenti et peut supporter un minimum de poids.
Consolation : à 45 degrés Celsius, il n’est pas certain que nous aurions pu courir très loin de toute façon.
À défaut de courir, nous pouvons voguer. Nous nous déplaçons en bateau sur le Nil et visitons l’île Éléphantine, habitée par les Nubiens.
Les Nubiens, intégrés depuis longtemps à la culture égyptienne, forment toujours un groupe distinct. Ils ont leur propre culture, un dialecte particulier presqu’éteint et ont des traits physiques qui s’apparent davantage à l’Afrique noire. Ils occupent le nord du Soudan et l’extrémité sud de l’Égypte. Mais la construction d’un barrage sur le Nil et la formation du lac Nasser ont englouti la majorité de leur terre agricole égyptienne. Ils ont été forcés de se relocaliser.
Les Nubiens de l’Ile éléphantine ont été épargnés. Il est encore possible d’y observer leur quotidien. Durant notre promenade à 7 :00 heure du matin, les Nubiens font encore dodo. Nous en profitons pour nous perdre dans les petites ruelles de leurs villages, qui suivent un chemin illogique. Il faut prendre la gauche pour aller à droite, reculer pour aller tout droit, enjamber des coqs, contourner des moutons, passer sous les cordes à linge et admirer les petites maisons colorées faites de paille et de boue. Nous marchons sur des milliers de morceaux de poterie, qui témoignent de la vieille histoire de l’île. Au bout, des ruines d’un ancien village Abou nous attendent.
Le musée qui explique les ruines est fermé, mais évidemment (!), il faut tout de même payer le plein prix pour sillonner les vieilles pierres dans la cours extérieure ouverte. Et s’obstiner pour qu’Émilie paie le prix étudiant. Et refuser plusieurs fois les offres de guides locaux improvisés en échange de bakchich. Après une heure de ce petit jeu à travers les ruines, un paysage magnifique et la vue sur l’imposant monastère St Siméon, nous avons besoin d’une petite pause de négociations. Nous décidons d’aller prendre un café à prix affiché et fixe au chic hôtel resort Mövenpick, à l’autre bout de l’île.
‘Un peu plus cher le café ici madame!’
‘Pas de prix spécial pour les gazelles et certainement pas gratuit jusqu’à la caisse’
Mais à Aswan, il y a des choses qui ne changent pas :
‘oh la la! Casanova viagra! You from Canada Dry!’
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prochaines aventures : Le temple Philae et les négociations d’enfer!
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