Aswan : Philae

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Aswan : Philae
Aswan, Egypt

Aswan, Egypt


Il y a de ces jours où nous sommes en feu. Où nous imaginons que nos tactiques de négociations sont à toutes épreuves. Où nous sentons le besoin de les tester. C’est ce qui est arrivé à Philae. Fonctionnera? Fonctionnera pas?

Philae est une ancienne ville antique construite sur une île au beau milieu du Nil. Son temple est dédiée à Isis, la Grande Déesse mythologique. Petite histoire ‘divine’ : Isis est la sœur et aussi l’épouse du dieu Osiris. Elle ressuscita d’ailleurs Osiris (tué par son frère jaloux Seth) le temps de ‘fabriqué’ leur fils Horus , le dieu à la tête de faucon et au corps humain.

Le temple d’Isis a été entièrement démonté et remonté entre 1972 et 1980 sur une île voisine pour le sauver des inondations causées par la construction du lac Nasser. Il est situé à une vingtaine de kilomètres d’Aswan, il nous faut un taxi et un bateau pour s’y rendre l’admirer.

Étape no 1 : négocier le taxi

Prix convoité et affiché dans le Lonely Planet et le Routard : 50 livres égyptiennes

Un chauffeur de taxi nous repère sur la rue principale d’Aswan. Il nous demande 160 livres pour la course jusqu’à Philae et une heure d’attente au site. Après 10 minutes de négo, nous concluons à 60 livres aller-retour et attente de deux heures sur le site.

En chemin, il nous annonce qu’il n’attendra que 90 minutes sur le site. ‘Désolé chauffeur mais si tu pars et n’honore pas l’entente, tu ne seras pas payé!’, que nous lui répondons. Il finit par conclure qu’il nous fera une ‘faveur’ et qu’il nous attendra. Merci monsieur, trop généreux.

Étape no 2 : trouver un bateau pour se rendre à l’île

Prix recherché et affiché dans le Lonely Planet et le Routard : 40 livres égyptiennes pour le bateau.

C’est ici que cela se complique. Il faut absolument acheter les billets d’entrée au site…avant de pouvoir entrer sur le quai et négocier un bateau. Tout est orchestré pour avantager les marins égyptiens. Ceux-ci savent que les touristes ne sont pas prêts à quitter le quai sans avoir vu le temple lorsque les billets sont achetés à bon prix. Qu’à cela ne tienne. Nous sommes prêts à négocier! En fait, nous sommes prêts à jouer le tout pour le tout. Et repartir les mains vides, s’il le faut. Au pire, ce sera une aventure!

Un jeune homme nous approche, confiant, le sourire aux lèvres. Il nous offre une traversée de 5 minutes et une heure d’attente à l’île sur son beau bateau, pour 60 livres par personne. À 5, cela fait 300 livres. Nous sommes loin des 40 désirés! Nous éclatons de rire. Sylvain lui pousse un petit mensonge, et lui dit que nous sommes déjà venus l’an dernier et qu’à ce moment, nous avions payé 40 livres pour un bateau pour 4 personnes, deux heures d’attente sur l’île. Le jeune garçon, visiblement apprenti, perd son sourire et va chercher ce qui nous a semblé être le parrain de la mafia marine de Philae. Nous nous regardons sans parler. Nous comprenons immédiatement que tous les marins font partie d’un même réseau, et que nous ne pourrons pas faire baisser les enchères en les consultant un par un. Nous n’aurons qu’une chance et il faudra la jouer serrée…

Le parrain s’amène. Il nous regarde un peu de haut et nous annonce que ce sera 60 livres égyptiennes par personne, mais qu’il embarquera Xavier gratuitement. Ce qui fait maintenant 240 livres. Encore 200 livres de trop, selon notre objectif. Il nous balance, confiant, que si nous n’acceptons pas l’offre, nous devrons retourner à notre taxi avec les billets payés, sans avoir vu le temple. Sylvain le brave et lui répond que c’est lui, le parrain, le perdant, puisque que nous avons (le petit mensonge) déjà vu le temple et que de retourner sans visite ne nous dérange pas. Surtout que 80 pourcent de ses bateaux sont amarrés et ne transportent personne….Le parrain rétorque que depuis la récession, les choses ont changé et que les touristes de l’été 2011 doivent maintenant payer plus cher pour palier à la baisse du nombre de voyageurs. Et il nous laisse plantés là. Nous attendons. Faisons mine de nous occuper à autre chose, faisons des blagues. Rions de la situation. Va-t-il revenir? Sommes-nous allés trop loin?

Pendant ce temps, des touristes ayant payés des visites guidées très chères montent à bord de deux bateaux. Le temps passe, et le temps au compteur du taxi qui nous attend diminue rapidement. Devrons-nous plier?

Le parrain revient et offre 120 livres pour un bateau. Les négos reprennent. Nous répondons 40, il diminue à 100, 40!- il diminue à 80, nous disons 50 prix final, il s’essaie pour 60, nous faisons mine de partir, il finit par acquiescer aux 50 livres mais seulement si nous prenons le petit bateau du fond et que nous laissons un pourboire au jeune marin novice s’il nous offre un bon service. Nous embarquons!!!

Un homme, un local, embarque avec nous….gratuitement. Le jeune garçon fait avancer le bateau à vitesse tortue. Il nous niaise. Puis il s’arrête et tente de redémarrer les négociations. Le passager nous pointe du doigt et ri. Nous répondons au jeune homme : No service, no bakchich!! Si tu nous niaises, tu n’auras pas de pourboire! L’homme local ri aux éclats et le jeune marin au visage nouvellement rouge redémarre son bateau.

Enfin arrivés à l’île, nous ne sommes pas déçus. Le temple et son emplacement sont tout simplement magnifiques! Xavier et Émilie tentent de repérer des divinités gravées dans la pierre. Nous perdons Sylvain parti prendre des photos. Il fait beau, il fait chaud, les pierres nous offrent un peu d’ombre et beaucoup d’histoire. Nous essayons de tirer un peu d’info des guides espagnols qui expliquent la restauration du temple Philae à leur groupe.

Le temps file, il faut déjà retourner au taxi. Nous donnons un petit pourboire au jeune marin en herbe et reprenons le chemin du retour. Et les négos! Le chauffeur de taxi veut encore nous persuader de lui en donner plus.

Nous réglons à 60 livres, selon l’entente, sans broncher.

Désolé monsieur, c’est de bonne guerre, aujourd’hui les négos roulent pour nous!

Prochaines aventures : la canne


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